L’alimentation du furet

L’alimentation du furet

Attention, cet article veille à répondre à vos interrogations en matière d’alimentation. Mais les noms de marques que nous conseillons, les indications nutritionnelles précises à rechercher sur les paquets de croquettes, et autres astuces seront donnés dans le Guide du Fureton que nous fournissons à tous nos adoptants lors de la réservation !

Le furet est un carnivore strict, son alimentation ne se compose normalement que de proies animales, il ne consomme jamais d’autres aliments. Mais attention, une proie c’est un animal généralement adulte et entier (tube digestif, cœur, poumons etc.) et non pas une cuisse de poulet ! L’ensemble des organes consommés apportent un équilibre nutritionnel important, qu’un simple poussin nouveau-né (très peu musclé, pauvres en vitamines etc.) ou une cuisse de poulet ne peuvent apporter.

En captivité, il est difficile de répondre totalement à ses besoins, à mon de lui donner à manger des proies entières adultes (types cailles adultes, rats adultes etc.) et élevées dans de bonnes conditions (car si la proie est carencée, elle est bien moins intéressante sur le plan nutritionnel). Mais pour beaucoup de particuliers, ce type d’alimentation n’est pas envisageable. Le mieux est alors de trouver une alimentation sèche répondant au mieux au besoin du furet et si possible de compléter cette alimentation avec un apport régulier en viande (escalope de dinde, cuisse de poulet, « steak » de carcasses de volaille etc.).

Les particularités du furet

Le furet est un carnivore strict, c’est à dire qu’il est fait pour consommer uniquement des proies entières et jamais de produits d’origine végétale. Cela signifie aussi qu’il ne digère correctement que les protéines d’origine animale, il est incapable d’utiliser les protéines d’origines végétales (attention à la composition des paquets de croquettes !).

Le furet réalise une 10aine de petits repas par jour. Son estomac est de petite taille, il est donc incapable de manger sa ration quotidienne en 2 repas comme le ferait un chien. Mais pour compenser cela, le furet digère très vite ce qu’il consomme : la digestion se fait en 3 à 5 heures (contre 4 à 15 heures pour un chien !).

De plus, le furet tolère très mal d’être mis à jeun, il souffrira vite des symptômes d’hypoglycémie. Il est donc important de lui laisser accès à de la nourriture en permanence au cours de la journée.

Le furet tolère également mal les fibres, c’est à dire les parties d’origine végétale non digestibles. Chez un chat ou un chien, ces fibres sont importantes puisqu’elles stimulent le transit digestif et changent la consistance des selles (elles les rendent plus molles car elles retiennent l’eau dans l’intestin). Elles augmentent aussi la sensation de satiété et sont donc un bon moyen de lutte contre l’obésité. Elles stimulent l’absorption de certains nutriments et maintiennent un environnement digestif défavorable aux bactéries pathogènes.

Chez le furet, les fibres jouent également ces rôles mais le furet a besoin de moins de fibres que le chien et le chat, sinon les effets négatifs des fibres se font sentir et le furet peut développer une inflammation chronique du côlon (c’est à dire de la diarrhée/selles molles chroniques). Le taux de fibres contenu dans l’alimentation, et notamment dans les croquettes, doit donc être surveillé.

Les proies entières

Pour que cette alimentation soit équilibrée, il faut que les proies ne soient pas vidées : cailles entières, poulets entiers etc. …

En effet, si vous donnez une proie vidée de ses organes, sur laquelle il ne reste que les os et les muscles, l’alimentation sera déséquilibrée et votre animal manquera de vitamines et minéraux.

Cette alimentation seule convient parfaitement au furet, les selles qu’il produit sont alors moins volumineuses et moins odorantes. Cependant, nourrir son furet avec des proies comporte certains inconvénients :

– il faut posséder un congélateur suffisamment spacieux pour stocker les proies (qui sont généralement vendues en gros conditionnement, cartons de 10 kg)

– l’approvisionnement se fait quasi exclusivement via des sites internet avec parfois des frais de port assez élevés (l’idéal est de s’associer à d’autres propriétaires de furets pour faire une commande groupée)

– lorsqu’il fait chaud, ces aliments attirent les mouches et requièrent une hygiène stricte : il faut retirer et jeter ce qu’il reste après 2 heures tout en fournissant des proies au furet au moins 2 fois par jour

Il est cependant possible de donner des morceaux de viande au furet, mais ils ne constituent pas une alimentation complète. Si vous ne donnez pas de proie entière, l’alimentation doit être complétée avec des croquettes sous peine d’engendrer de grosses carences alimentaire chez votre furet. La viande donnée doit avoir été congelée au moins 48h avant d’être servie (cela permet de tuer de nombreux parasites et bactéries) et doit être donnée crue (le furet ne la mangera pas si elle est cuite).

Les croquettes

Les croquettes sont souvent très décriées sur internet par des personnes affirmant qu’il ne faut donner que de la viande car le furet est carnivore. Pourtant, ces personnes précisent rarement que seules des proies entières adultes sont équilibrées pour un furet et que des poussins entiers ne constituent pas un aliment équilibrés. Si les croquettes ont une bonne composition, elles peuvent suffire comme aliment unique à un furet.

Les croquettes sont bien plus pratiques à donner au furet puisqu’elles ne périment pas et peuvent donc être mises à disposition du furet en permanence. Elles permettent aussi d’éviter tous les problèmes d’hygiène liés au fait de donner de la viande crue à un animal en été (mouches, asticots, odeur …). En effet, le furet digère très vite ce qu’il mange et qu’il ne supporte pas l’hypoglycémie : il devrait donc, en théorie, avoir en permanence accès à de la nourriture et cela est difficile à réaliser avec de la viande.

Pour avoir un furet en bonne santé, avec un beau pelage et un bon poids de forme, il est très important d’acheter des croquettes de bonne qualité. La qualité des croquettes influe bien plus sur la santé d’un furet que sur celle d’un chien ou d’un chat. En effet, il est très important que le taux de protéines contenu dans les croquettes soit élevé MAIS AUSSI que les protéines inclues dans la viande soient de bonne qualité. En effet, s’il y a 50 % de protéines mais que la moitié ne sont pas exploitables par le furet car issues, par exemple, de plumes d’oiseaux, de pattes broyées etc., alors le taux réel de protéines exploitable par le furet est peut être de 25% …

Malheureusement, les croquettes dites « pour furets » ne sont que rarement bien équilibrées pour les furets (même si deux ou trois marques sont bien conçues !). Les croquettes « spéciales furets » sont souvent vendues plus chers, mais ne sont pas pour autant bien adaptées : il s’agit juste d’un « attrape nigauds » de la part des fabricants …  Sinon, il faut se tourner vers certaines marques de croquettes pour chatons, qui sont au final bien plus adaptées au furet.

Même si les croquettes seules peuvent suffire à nourrir un furet si elles sont de bonne qualité, il reste préférable de proposer tous les jours un peu de viande pour compléter l’alimentation. Le furet a besoin d’une alimentation très riche en protéines que même les meilleures croquettes ont du mal à satisfaire.

L’apport supplémentaire de viande peut se faire sous la forme plusieurs formes mais pas de panique (!), il existe des formes tout à fait adaptées pour une personne n’ayant pas un énorme congélateur et vivant en appartement.

Un furet consomme environ 20 à 30 gr de croquettes par kilo de poids par jour (par exemple, un mâle de 2 kg peut consommer de 40 à 60 gr par jour). Ceci est valable s’il vit en intérieur et ne reproduit pas : s’il vit dehors il consommera plus en hivers, et s’il se reproduit il mangera plus lors de la saison de reproduction …

 

Questions souvent soulevées :

  • Les croquettes du furet doivent-elles être sans céréales ?

Actuellement, la mode est aux croquettes sans céréales, mais on me demande souvent si cela est nécessaire puisque les croquettes sans céréales sont vendues bien plus chers … A quoi servent les céréales dans les croquettes ? Elles servent de liant : sans elles, une croquette ne serait pas dure, elle serait réduite en poudre. Elles sont donc indispensables et si on retire les céréales, il faut les remplacer par autre chose …

Les carnivores peuvent les digérer si elles sont traitées correctement (cuites, mixées …), elles se dégradent en glucides principalement. Les défenseurs des « sans céréales » vous diront que ces glucides sont très mauvais pour les carnivores (furets, chiens, chats) puisqu’ils peuvent entraîner du diabète, des pancréatites et chez le furet, des insulinomes (tumeurs pancréatiques mortelles).

Les glucides donnés en excès peuvent en effet avoir des répercussions négatives sur l’organisme (pour l’insulinome, cf paragraphe ci-dessous). Pour autant, si l’alimentation ne contient pas de glucides alors elle sera carencée : les glucides sont nécessaires à une alimentation équilibrée.

Tout est donc question d’équilibre et de taux de glucides utilisé. Pour des croquettes pour chiens et chats, idéalement le taux de glucide doit être inférieur à 33% et les bonnes marques arrivent même à attendre 25/28%.  Pour le furet, il faudrait être encore plus bas idéalement, mais survient alors le problème de la croquette qui s’effrite …

Les fabricants des croquettes « sans céréales » utilisent l’argument d’un taux de glucides encore plus bas. Mais comment font-ils ? Ils utilisent une autre source de glucide, l’amidon extrait de la pomme de terre, ou du pois, bref de l’amidon extrait de féculents. Mais ce qu’ils évitent souvent de dire c’est que, certes il y a moins de glucides, mais à quel prix ? L’amidon est souvent mal digéré par les carnivores et peut être source de nombreux troubles digestifs (selles molles chroniques, vomissements, brûlures d’estomac etc.) …

Là encore, tout comme les croquettes « spéciales furets », les croquettes « sans céréales » sont aussi juste un argument marketing pour vendre plus cher des paquets, simplement parce que le propriétaire peu informé se sera arrêté à « un furet/chien/chat ne mange pas de blé dans la nature ». En disant cela, on oublie qu’un carnivore sauvage mange des proies qui sont normalement des herbivores et qu’en ingérant les proies et leur tube digestif il mange ainsi … des végétaux et céréales … !

 

  • Le fait de donner des croquettes à un furet augmente t il le risque d’insulinome ?

C’est un des principaux arguments des « anti-croquettes ». En effet, l’insulinome est une tumeur très fréquente chez le furet, et peut toucher jusqu’à 20 % des furets vieillissants. Il s’agit d’une tumeur du pancréas, les « anti-croquettes » ont donc fait le lien : trop de céréales dans les croquettes > trop de glucides > stimulation excessive du pancréas > tumeur du pancréas (insulinome).

Cela peut paraître logique, et c’est peut-être même vrai pour des croquettes vraiment bas de gamme contenant des taux de glucides hallucinants. Pour autant, aucune étude scientifique n’a jamais montré le lien entre les croquettes et l’insulinome ! Et les vétérinaires s’accordent à dire qu’ils voient des cas d’insulinome aussi bien chez les furets nourris avec une alimentation carnée que ceux nourris avec des croquettes.

Le lien n’est donc pas établit et serait même probablement faux. Le furet est peut-être tout simplement une espèce prédisposée à l’insulinome sans que cela ait un lien avec son alimentation. En effet, l’insulinome est très rare chez le chat par exemple, alors que c’est aussi un carnivore strict (même si un peu moins que le furet) et que beaucoup de chats consomment des croquettes bas de gamme depuis bien longtemps …

… Mais cela ne doit pas vous dispenser d’être vigilants sur la qualité des croquettes offertes à votre furet 🙂 !

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